L’histoire de la bougie

L’histoire de la bougie
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La Bougie : plus de 5000 ans d’histoire. Elle est le compagnon de l’Homme depuis des siècles.

La bougie est un élément utilisé depuis des siècles par l’homme. D’une utilisation pratique en vue d’éclairage, elle est devenue au fil du temps un élément de décoration à part entière. Ainsi, elle a beaucoup évolué au fil du temps également dans sa composition. De la chandelle en suif à la bougie en paraffine, l’histoire de la bougie a toujours était présente dans les foyers. La bougie peut avoir des utilisations spirituelles et joue un rôle important dans certaines religions mais est aussi un symbole de fête et de bien-être.

Les origines antiques de la bougie

Si la bougie que l’on connaît aujourd’hui a été inventée au XIXème siècle, son origine est bien plus ancienne. On peut retenir que le principe est connu depuis 3000 ans avant Jésus-Christ. On le connaît en Egypte et en Grèce mais c’est avec l’Empire Romain que son utilisation va se déployer en Europe. Dès le 3ème siècle avant

Le cierge pascal symbolise le Christ ressuscité. Le cierge reste allumé jusqu'à l'Ascension.
Le cierge Pascal symbolise le Christ ressuscité. Le cierge reste allumé jusqu’à l’Ascension.

Jésus-Christ l’homme utilise les propriétés de combustion des cires et graisses. Jusque là étaient plutôt utilisées des torches de cire composées de paille, de chanvre ou de roseau. Dans une première forme, les premières bougies étaient faites à partir de jonc une plante que l’on trempait dans de la graisse, végétale ou animale afin de la faire durcir. On prenait alors soin de fendre délicatement ce jonc afin de ne pas risquer d’en abîmer la moelle. Le résultat était brûlé dans des brûles-joncs. C’est avec l’ère chrétienne que l’utilisation de vraies bougies, qui ne sont donc pas présentées dans un récipient, fait son apparition.

La bougie se déploie au Moyen-Age

La bougie devient au Moyen-Age une alternative de plus en plus courante à la lampe à huile. Elle prend alors l’aspect qu’on lui connaît. Elle est cependant réalisée à partir d’une mèche entourée de suif de bœuf ou de mouton. Un produit très cher en raison des taxes mais qui est également moins contraignant que les lampes à huile. En effet, celle-ci présente des inconvénients puisqu’il faut y veiller de manière constante, la remplir, couper et remonter la mèche qui charbonne ou encore nettoyer l’huile qui coule. La chandelle n’a plus ces contraintes, il n’y a pas d’huile qui se renverse, la flamme ne doit plus être ajustée.
Au cours de cette période, et à compter du IVème siècle, la bougie s’améliore. En effet, son utilisation se développe particulièrement avec les rituels religieux. L’Eglise chrétienne prend de l’importance et la cire d’abeille devient une marchandise de premier ordre. L’Empereur Constantin impose que des bougies soient présentes lors des cérémonies chrétiennes. Cependant, ce qui devient la matière première de la bougie est chère et les quantités sont limitées. Dans la religion chrétienne, comme dans d’autres religions, la bougie a une signification symbolique. Elle représente l’âme qui brille dans l’obscurité de la mort. Ainsi, pour les chrétiens il s’agit d’un symbole de la résurrection et du triomphe de Jésus sur la mort.
Au IXème siècle, Alfred le Grand invente une méthode de mesure du temps grâce à la bougie. Les bougies sont graduées de manière à montrer, à travers la cire restante, le temps qui s’est écoulé. Le but pour le Roi du Wessex est de fixer les heures de prières nocturnes. Cette méthode était imprécise et ne s’est que peu répandue dans la France de cette époque.
On parle de Bougie depuis le XIVème siècle en France. Ce mot est inspiré du nom d’une ville d’Algérie, Bugaya, qui fournissait beaucoup de cire qui est venue en remplacement du suif. Bougie est alors le nom d’un instrument réalisé uniquement à partir de cire d’abeille.
Dès le XIVème siècle, la bougie se professionnalise. En effet, une corporation de chandeliers-ciriers-huiliers est apparue. Une corporation qui avait pour but de réglementer la fabrication des bougies afin de faire en sorte de ne pas avoir de fausses bougies. Le métier correspondait alors à différentes opérations. Il s’agissait notamment de clarifier le suif et la cire, de couper et d’ajuster les mèches constituées de deux fils de coton et d’un fil de chanvre. Ces mèches étaient attachées par rangées à une baguette. Des baguettes qui sont ensuite plongées à plusieurs reprises dans un vase de suif ou de cire en fusion. Différentes règles sont imposées avec cette corporation. Ainsi, il est interdit de mélanger de la vieille cire avec de la nouvelle, il est également interdit de mélanger du suif de mouton avec celui de vache. Il est interdit d’utiliser plus d’étoupe dans les mèches que de coton.
D’un point de vue social, la bougie n’est pas représentée de la même manière pour toutes les classes. Ainsi, si la noblesse et le clergé utilisent des cierges en cire d’abeille, ce n’est pas le cas du peuple qui utilise encore des chandelles de suif fabriquées à base de gras de mouton ou de boeuf. Il en émane une odeur acre et une fumée épaisse. Il faudra attendre le XVème siècle pour que la bougie arrive dans les maisons de bourgeois.
La cire a les mêmes avantages que la chandelle mais pas ses défauts. Cependant, elle est bien plus chère et ne peut être achetée que par la haute société. Les bougies en cire d’abeille fument moins, diffusent plus de lumière sans mauvaises odeurs. Elles sont fabriquées en faisant fondre de la cire qui est ensuite filtrée pour en enlever les impuretés. Le résultat est étendu au soleil en bandes. Elles blanchissent et perdent la couleur jaune caractéristique de la cire d’abeille. On fond une nouvelle fois cette cire dans un chaudron avant de la verser sur des mèches suspendues. Molles et tièdes, les bougies sont mises en forme grâce à des rouleaux de bois dur.

L’Epoque moderne et ses améliorations :

Pendant le XVIIème siècle, les bougies de suif sont toujours utilisées et on essaie de les améliorer. Le principal but est de parvenir à les rendre blanches. Pour cela, on ajoute de l’arsenic. Le résultat est un succès mais beaucoup de gens sont empoisonnés par les fumées toxiques. Les fabricants se tournent alors vers le blanc de baleine. Il s’agit d’un extrait d’huile qui se trouve dans la boîte crânienne du cachalot. Il est désormais possible de fabriquer des bougies d’un blanc immaculé.
En 1783, Carl Scheele, un chimiste suédois découvre la glycérine en réalisant des recherches sur le savon. Il fait bouillir de l’huile d’olive et de l’oxyde de plomb. Cette découverte est reprise en 1823 par le chimiste français Michel-Eugène Chevreul. Il découvre que la formation du savon n’est pas le résultat de la combinaison des corps gras avec l’alcali. Ils se décomposent en acides gras et en glycérine. C’est le principe de la saponification. Cela constitue la base de l’industrialisation du savon mais aussi de la bougie.
Dès lors, les savonniers et les ciriers se regroupent au sein d’une même corporation. Nantes en devient la capitale. Elle l’est toujours aujourd’hui puisque la région nantaise représente 80 % de la production française.
La bougie se démocratise. Elle est utilisée en grande quantité pour les fêtes, les couronnements ainsi que dans les cours royales.

L’Age industriel et actuel

Avec la découverte de la méthode d’extraction des acides gras des graisses animales par Chevreul de nouvelles matières premières sont mises au point. Le procédé a permis de fabriquer de la stéarine. Il s’agit d’une matière dure non périssable. Elle a surtout la particularité de se consumer proprement.
En 1831, Louis-Adolphe de Milly fait fortune grâce à une application industrielle issue des travaux de Chevreul. Elle permet la production de bougies en stéarine. Elles sont commercialisées sous la marque Bougies de l’Etoile.
Les chimistes découvrent en 1850 comment séparer et préparer la paraffine à partir du pétrole via le raffinage. Une révolution pour la fabrication de bougies. En effet, la paraffine est une matière propre, sa combustion est homogène et elle est moins chère à produire. De plus, des innovations sont apportées aux mèches quant à leur niveau de torsadage et de préparation chimique.
L’électricité arrive en 1879 et à partir de cette date, la bougie est de moins en moins utilisée. La production, jusqu’ici très répandue, se réduit à l’industrie. Des recettes qui se transmettaient de générations en générations sont perdues.
Dans les années 1980 la bougie reprend des couleurs à plus d’un titre. Les importations chinoises arrivent. La Chine est alors un des principaux producteurs de bougies décoratives. On ne les utilise plus pour l’éclairage mais pour des occasions particulières et festives. Les bougies prennent toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, se présentent sous toutes les formes.
A partir de 1990, la bougie se transforme et devient plus écologique. On trouve de nouvelles cires végétales comme la cire de palme, la stéarine végétale ou encore la cire de soja.
Aujourd’hui, la bougie est utilisée pour les fêtes d’anniversaire. Elles sont proposées sous différentes formes pour tous les goûts. La tradition de souffler des bougies pour son anniversaire remonte à la Rome antique pour l’anniversaire du Pater familias. A l’origine, les personnes âgées pouvaient ainsi montrer qu’elles étaient en bonne santé et que les années écoulées ne les empêchaient pas de le faire.
Elles servent à décorer les sapins de Noël, remplacées par des guirlandes électriques ou des bougies à LED, ou pour créer une ambiance, une atmosphère romantique pour un dîner en amoureux, au restaurant ou à la maison. On les retrouve dans des reconstitutions historiques ou des réceptions.
La bougie est maintenant un élément de décoration à part entière dans la maison. Elle est utilisée sous une forme parfumée pour différentes occasions, pour se détendre, se concentrer, pour se sentir bien.
Elle est toujours présente dans les rituels religieux sous le nom de cierge comme le cierge pascal. Ils sont aussi utilisés dans la tradition du remerciement.
De nouvelles utilisations ont fait leur apparition avec notamment les massages. On utilise pour cela des bougies en cire naturelle, cire d’abeille associées à de la stéarine ou des huiles végétales pour éviter les brûlures en baissant le point de fusion. Ainsi, cela permet d’ajouter des huiles essentielles qui préviennent les risques de feu à l’allumage.